Peut-on exercer la médecine esthétique de façon déontologique ?

Publié le 30 septembre 2026

Injections, lasers, prix affichés, publicité sur les réseaux : la médecine esthétique suscite autant d’attentes que de questions sur son encadrement. Entre code de déontologie, obligations d’information et sécurité des produits, cet exercice répond pourtant à des règles précises.
Le Dr Pierre-Alain Mayeux, médecin morphologue et anti-âge à Paris 16, explique ce qui distingue une pratique réellement déontologique d’une simple offre commerciale.

Exercer médecine esthétique façon déontologique | Dr Mayeux | Paris

En résumé

La médecine esthétique est une activité médicale soumise au code de déontologie : elle ne peut être pratiquée comme un commerce. Le médecin doit exercer dans les limites de sa compétence, un DIU reconnu par l’Ordre existe depuis 2024, informer clairement, afficher ses tarifs et remettre un devis écrit au-delà de 70 euros.
Depuis juillet 2024, les injectables à base d’acide hyaluronique sont réservés aux médecins et chirurgiens-dentistes.

La communication est autorisée depuis 2020, mais sans témoignages, comparaisons ni incitation au recours inutile.

Accès direct

Une pratique médicale à part entière, jamais un commerce

Longtemps perçue comme un luxe, la médecine esthétique à Paris relève exactement du même cadre juridique que n’importe quelle autre activité médicale. Le code de déontologie, intégré au code de la santé publique, pose un principe fondateur : la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce (article R.4127-19).

Un acte esthétique reste donc un acte médical, avec consultation préalable, examen, indication posée et décision motivée. Le Conseil national de l’Ordre des médecins rappelle d’ailleurs qu’un praticien ne peut proposer un procédé illusoire ou insuffisamment évalué scientifiquement.

Au cabinet du Dr Pierre-Alain Mayeux, cette logique structure l’ensemble du parcours de soin : on ne vend pas un produit, on pose une indication. Ce socle vient d’être actualisé par le décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026, qui modernise le code de déontologie médicale.

C’est ce qui permet de nous différencier des injecteurs illégaux. Eux font du commerce!

Compétence et formation : la première exigence déontologique

Le code impose au médecin de n’exercer que dans les limites de sa compétence (article 70). En médecine esthétique, cette exigence est longtemps restée floue. Constatant l’essor des actes et la multiplication des dérives, le Conseil national de l’Ordre alertait dès mai 2023 sur des gestes réalisés par des professionnels de santé non formés, mais surtout par des non-professionnels, avec un risque de complications graves et parfois de séquelles définitives.

L’Ordre a reconnu le DIUMMA (Diplôme inter universitaire de Médecine Morphologique et Anti Age) jusqu’en 2013, et ensuite reconnu un diplôme interuniversitaire (DIU) de médecine esthétique, de l’ordre de 90 heures de cours théoriques et 80 heures de stages, accessible après trois ans d’exercice clinique, assorti d’une validation des acquis de l’expérience.
L’encadrement légal, lui, reste en construction : l’article 69 de la LFSS 2026, qui soumettait cette pratique à autorisation préalable, a été censuré par le Conseil constitutionnel fin décembre 2025.

Informer, recueillir le consentement, afficher ses tarifs

L’information du patient n’est pas une formalité administrative : elle conditionne la validité du consentement. Avant tout geste, le médecin expose la nature de l’acte, ses bénéfices attendus, ses alternatives et ses risques, y compris rares.

La transparence financière obéit elle aussi à des règles écrites. Depuis l’arrêté du 30 mai 2018, tout professionnel de santé doit :

  • afficher ses honoraires ou fourchettes d’honoraires de façon visible et lisible ;
  • informer le patient du caractère non remboursable des actes à visée esthétique ;
  • remettre un devis écrit préalable dès que le montant est supérieur à  70 euros.

Les honoraires doivent en outre être déterminés « avec tact et mesure ». C’est dans cette logique que les tarifs du cabinet parisien sont publiés en ligne, avant même la première consultation.

Sécurité des produits et des actes : une exigence très concrète

La déontologie se joue aussi dans le choix des produits et des équipements. Depuis le 1er juillet 2024, les dispositifs injectables contenant de l’acide hyaluronique ne peuvent être vendus qu’aux médecins et chirurgiens-dentistes, seuls habilités à réaliser ces injections.

En janvier 2026, l’ANSM et neuf autres agences européennes ont contrôlé 17 produits de comblement dermique : 13 se sont révélés conformes aux exigences testées, des anomalies et des défauts d’étiquetage ayant été relevés sur d’autres échantillons.
L’agence invite les praticiens à s’approvisionner par les circuits officiels et à vérifier le marquage CE.

Pratiquer une injection d’acide hyaluronique sans être médecin relève de l’exercice illégal de la médecine. Le plateau technique du cabinet répond à cette exigence de traçabilité et de prise en charge des complications ainsi que une élimination adéquate des déchets.

Communiquer sans faire de publicité : la ligne à ne pas franchir

Toute publicité fut longtemps interdite aux médecins. Le décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020 a fait évoluer ce cadre : le praticien est désormais libre de communiquer au public, y compris sur un site internet, des informations contribuant au libre choix du patient : compétences et pratiques professionnelles, parcours, conditions d’exercice.
Cette liberté demeure strictement encadrée.

La communication doit être loyale et honnête, et elle ne peut pas :

  • faire appel à des témoignages de tiers
  • reposer sur des comparaisons avec d’autres médecins ou établissements
  • inciter à un recours inutile aux soins

Promotions tarifaires et partenariats d’influence posent ainsi de véritables difficultés déontologiques. À l’inverse, un contenu pédagogique, ou une consultation où le médecin explique pourquoi il ne dit pas toujours oui, relèvent de l’information.

En conclusion

Oui, la médecine esthétique peut s’exercer de façon pleinement déontologique : le cadre existe déjà et il est exigeant. Compétence vérifiable, indication médicale posée, consentement éclairé, produits tracés et communication loyale en constituent les cinq piliers.
Ces repères sont aussi les meilleurs outils du patient pour choisir son praticien.

À Paris 16, le Dr Pierre-Alain Mayeux inscrit chaque prise en charge dans cette exigence, en privilégiant l’analyse avant le geste.

Sources

FAQ

La médecine esthétique est-elle encadrée par la loi en France ?

Oui. Elle relève du code de la santé publique et du code de déontologie médicale, actualisé par le décret du 27 juillet 2026. Le médecin doit poser une indication, informer, obtenir un consentement et n’exercer que dans les limites de sa compétence.

Un médecin esthétique a-t-il le droit de faire de la publicité ?

Depuis le décret du 22 décembre 2020, il peut communiquer au public des informations sur ses compétences, son parcours et ses conditions d’exercice. Cette communication doit rester loyale et honnête, sans témoignages de tiers, sans comparaison avec d’autres praticiens et sans incitation à un recours inutile aux soins.

Qui peut réaliser des injections d’acide hyaluronique ?

Seuls les médecins, chirurgiens et chirurgiens-dentistes habilités. Depuis le 1er juillet 2024, ces dispositifs injectables ne sont vendus qu’aux médecins et chirurgiens-dentistes. Toute injection par une personne non habilitée constitue un exercice illégal de la médecine.

Faut-il un diplôme spécifique pour pratiquer la médecine esthétique ?

L’Ordre des médecins a reconnu un diplôme interuniversitaire de médecine esthétique, complété par une validation des acquis de l’expérience pour les praticiens déjà installés. Les textes d’application encadrant l’ensemble de la pratique sont encore attendus.

Un devis est-il obligatoire avant un acte esthétique ?

Une information écrite préalable est obligatoire dès que le montant des honoraires atteint 70 euros. Le médecin doit également signaler que l’acte n’est pas remboursé et afficher ses tarifs de façon visible.

Un médecin peut-il refuser de réaliser un acte esthétique ?

Oui, et c’est parfois une obligation déontologique : il ne doit pas faire courir au patient un risque injustifié ni proposer un acte sans bénéfice réel. Le refus doit être expliqué et argumenté.

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Article rédigé par le Dr Pierre-Alain Mayeux

Médecin morphologue et anti-âge spécialiste du visage et du corps à Paris dans le 16ème arrondissement, je maitrise les derniers traitements esthétiques et soins cutanés permettant de rajeunir ou mincir sans chirurgie ni cicatrices.

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